Renault Alaskan le pick-up aux yeux bridés

Renault Alaskan 190 dCi

Renault arrive sur le nouveau marché en plein boom des gros pick-up avec le frère jumeau du Nissan Navarra. Un gage de fiabilité, de robustesse et de sobriété. Mais avec une curieuse politique de prix…

Les temps changent…A sa sortie en 1965, la R16 était présentée comme la voiture polyvalente travail-loisirs. En 2017, Renault entonne le même refrain. Mais cette fois, c’est du lourd : 2 tonnes, 5,40 m de long, 4 roues motrices, une benne pouvant charger 1 tonne, double cabine 4 places…la mode des tout terrain et des SUV est passée par là ! Car cet engin passe partout, avec une garde au sol de 22,3 cm, est un pick-up baroudeur au nom évocateur de contrées lointaines et forestières : l’Alaskan. La voiture à tout faire pour les artisans, les vignerons, les agriculteurs ou les cadres qui bucheronnent le week end, emportent leur moto dans la benne, ou tirent leur bateau sur une remorque.

Renault a repris intégralement la planche de bord du Nissan.
Renault a repris intégralement la planche de bord du Nissan Navarra sorti l’an dernier.

Car, seul dans sa catégorie, l’Alaskan peut tracter jusqu’à 3,5 tonnes. Et contrairement aux énormes pick-up à l’américaine comme le Ford Ranger ou le Volkswagen Amarok souvent motorisés avec de gros 5 ou 6 cylindres gourmands, le Renault s’en tire très bien avec un 4 cylindres 2,3 l diesel turbo de 160 ch ou de 190 ch en bi-turbo, pour une consommation oscillant entre 8 et 9 litres/100. La version 190 ch en boite automatique (mais sans start and stop dans ce cas) est le meilleur choix en puissance pour se sortir des situations les plus délicates en terrain hostile, glissant ou méchamment pierreux, avec régulateur automatique en montée ou en descente, boite courte, différentiel arrière autobloquant.

Avec 5,40 m l'Alaskan est le plus long des gros pick-up en Europe devant le Ford Ranger le plus vendu.
Avec 5,40 m l’Alaskan est le plus long des pick-up en Europe devant le Ford Ranger le plus vendu.

 

Et sur route ce mastodonte se conduit tout en souplesse en 2 roues motrices comme une berline normale, malgré une direction un peu molle, avec un moteur plutôt discret et sans vibrations, dans une ambiance bien insonorisée et un confort surprenant grâce à un excellent amortissement et une suspension multibras qui absorbe mieux les trous que ses rivaux à suspensions à lames. En revanche, les passagers arrières, bien installés avec un large espace devant les genoux, peuvent être incommodés par le dossier non réglable à l’assise un peu trop droite.

Des équipements de berline haut de gamme

Côté équipement, l’Alaskan n’a rien à envier aux hauts de gamme avec sièges chauffants, projecteurs Full-LED 20% plus puissants que les halogènes , un écran tactile, un retour du GPS entre les deux compteurs, une clim bi-zone, une caméra panoramique avec vision à 360 ° par dessus le véhicule, très pratique pour se positionner dans les chemins étroits ou le long d’un trottoir en créneau, l’anti- patinage, le correcteur de trajectoire (esp) et prochainement un freinage automatique pour la distance de sécurité.

Une capacité de chargement de 1 tonne dans la plus longue benne du marché
Une capacité de chargement de 1 tonne dans la plus longue benne du marché

 

Côté pratique, ce tout terrain a un angle d’attaque de 29 ° à l’avant dans les pentes et 25 °à l’arrière, peut passer sans encombre dans 45 cm d’eau, supporte 500 kg sur sa ridelle arrière ouverte à une hauteur de 81 cm idéale pour les manoeuvres de chargement, et offre une benne la plus longue de sa catégorie avec 1,58 m (1,55 m pour le Ford Ranger) mais pas la plus large avec 1,56 m contre 1,62 m pour le Volkswagen Amarok.

Les pick-up échappent à la règlementation du malus écologique !

Autre atout de l’Alaskan : classé dans les utilitaires, il échappe au malus et à la taxe sur les voitures de société , ce qui explique aussi le boom actuel sur ce type de véhicules (+ 25% en Europe en 2016). Voila qui devrait être de bon augure pour ce nouveau Renault qui en fait n’en est pas un ! Mis à part sa calandre au losange, cet Alaskan est en fait le frère jumeau du Nissan Navarra, tous les deux fabriqués dans l’usine Nissan de Barcelone, comme le Mercedes X, sur la même base !

Dans les options figure un coffre amovible fixé au fond de la benne.
En option, un système d’arrimage sur rail, et un coffre amovible fixé au fond de la benne.

Une parenté qui est plutôt un bon point en terme de fiabilité et de robustesse. Excepté un petit problème : on a du mal à comprendre ce qui a pu passé par la tête des grands stratèges marketing de Renault en découvrant que l’Alaskan dCi 190 est vendu 3150 € plus cher, et avec trois ans de garantie en moins, que le Nissan, couvert, lui pendant 5 ans ! “Oui, mais nous offrons des services en plus, 70% des achats ne se font plus cash mais en leasing, et nous sommes plus proches des clients avec un réseau de 4000 points de vente en France bien plus important que celui de Nissan” vous répond-on. OK. Mais le client d’aujourd’hui n’est tout de même pas idiot. Et il risque d’y avoir de la ristourne dans l’air…

Cylindrée : 4cyl 2,3 l diesel bi-turbo

Puissance : 190 ch/450 Nm

0 à 100 km/h : 10,8 sec

Vitesse maxi : 180 km/h

Consommation : de 6,9 l à 9,4 l/100 km

CO2 : 183 g/km

Malus : éxonéré au titre d’utilitaire

Prix : 43 160 € (à partir de 36 860 € pour le dCi 160 ch)

 

LES PLUS : consommation, confort de suspension, insonorisation, capacité de chargement et de remorquage

LES MOINS : prix, garantie, direction molle, rayon de braquage,

 

 

La nouvelle Volvo S90 D5 casse la baraque

Nouvelle Volvo S 90

La marque suédoise, rachetée en 2010 par le chinois Geely, continue sa progression à + 10% par an, et le renouvellement de ses modèles. Avec sa S90 D5 qui entre dans le très haut de gamme, Volvo vise un total de 550 000 ventes annuelles.

La Suède a déclaré la guerre à l’Allemagne ! Et l’offensive est tellement couronnée de succès depuis son lancement en juin que les nouvelles Volvo S 90 sont rationnées en France à seulement 300 pour 100 points de vente !!! Objectif :  donner la priorité à la conquête Outre Rhin. C’est dire si la nouvelle grande berline Volvo, et sa version break V90, visent directement les Mercedes Classe E, BMW série 5 ou Audi A 6, avec des prix moins élevés, mais une qualité de prestations digne de voitures très haut de gamme. Aujourd’hui, le suédois ne met plus en avant ses breaks à la capacité d’armoires normandes ou la sécurité de ses voitures toujours en pointe, mais l’élégance discrète de son design à l’opposé du style ostentatoire de certaines belles teutonnes.“Nous avons surgi là où les allemands ne nous attendaient pas, dans le cercle restreint des voitures premium”, sourit on chez le constructeur de Göteborg.

interieur nouvelle volvo S90De fait, montez dans la Volvo S90 D5 Inscription Luxe, et dés la fermeture de la portière au son ouaté, vous vous retrouvez dans un salon cosy tout de cuir moelleux, aux sièges généreusement galbés, avec massage à l’avant; et dans la sobriété élégante d’un raffinement stylistique de bon gout typiquement scandinave. Tout sauf le bling bling en cours chez certains constructeurs. Ici la planche de bord, harmonieusement dessinée, est à la fois moderne et classique avec son gainage en cuir surpiqué, ses inserts et ses aérateurs en aluminium brossé stylisés, ses placages en noyer scandinave ou en bouleau, un volant cuir en 2 tons. Et les finitions ou les ajustements n’ont rien à envier à Rolls ou Bentley.

Le moteur de la S 90 D5 est boosté à l’air comprimé

Tournez la mollette start sur la console centrale, et là, après le plaisir des yeux vient celui des oreilles. Le doux ronronnement feutré d’un gros 6 cylindres essence se fait discrètement entendre. Et pourtant, non, on est bien dans une simple diesel 4 cylindres 2 litres. Down sizing des motorisations oblige pour consommer moins, et donc dégager moins de co2. Même Porsche vient de mettre un 4 cylindres sur sa Cayman ! C’est dire si les ingénieurs de Volvo ont effectué un remarquable travail d’insonorisation de ce moteur, bi-turbo pour compenser la perte de puissance par rapport aux anciens 5 cylindres de la marque. Et le résultat est bluffant tellement la S 90 D5 se montre à la fois silencieuse et puissante avec un moteur très souple à tous les régimes. Car la Volvo S 90 D5 a une botte secrète avec une astuce toute simple qui est une première mondiale brevetée : le “power pulse”. Une sorte de booster qui fait gagner 10 ch au moteur sans consommer plus. Ce système est composé d’une bonbonne d’air comprimé (alimentée par la récupération des gaz d’échappement) qui pulse son contenant dans le turbo basse pression en action dans les débuts d’accélérations. D’où une réponse puissante instantanée, et une plus grande souplesse de ce moteur plutôt sobre par ailleurs pour une voiture de 1,8 tonne. Néanmoins, comme chez tous les constructeurs la consommation moyenne annoncée de 4,8 l/100 km a plutôt tourné autour de 7,6 l durant cet essai.

Une suspension arrière pneumatique moelleuse

La sensation d’agrément et de confort sur route est aussi renforcée par le chassis très équilibré (la même plate forme que dans le 4X4 XC 90 sorti l’an dernier) qui procure une tenue de route à toute épreuve sur la S 90 D5 de 235 ch équipée en 4 roues motrices. Et le summum est atteint avec la suspension pneumatique arrière qui absorbe moelleusement les chaussées irrégulières. De quoi savourer confortablement la chaine audio Bowers&Wilkins 1400 w aux 19 hauts parleurs qui restituent au choix le son grandiose d’une salle de concert ou d’un studio d’enregistrement.

nouvelle volvo S90

Bref, la Volvo S90 D5 est d’autant plus agréable à conduire que son ergonomie est plutôt bien pensée avec affichage tête haute en couleur sur le pare brise de la vitesse et des panneaux de limitation, et visualisation de l’écran GPS entre les deux compteurs. Le grand écran central, lui, se montre moins compliqué d’utilisation que celui du XC 90, tout en offrant une multiplicité de réglages. Et comme sur le 4X4, Volvo a mis le paquet sur tous les équipements de sécurité active et passive qui restent le point fort de la marque : alerte assoupissement et franchissement de lignes, camera panoramique, régulateur et limiteur de vitesse adaptatif avec freinage d’urgence et ralentisseur pour maintien de distance de sécurité, correction anti sortie de route, pilotage semi automatique jusqu’à 130 km/h par lecture radar et camera de la route a à condition de garder les mains sur le volant, détection et freinage anti collision piéton, cycliste, et, nouveauté, gros animaux ! Bigre ! Volvo n’en ferait il pas trop pour plaire aux écolos ? Détrompez vous. Car les Suédois ont un tout autre souci existentiel : chaque année en Suède 6000 collisions graves se produisent contre des élans traversant les routes !

Cylindrée : 4 cylindres 2 litres diesel bi-turbo

Puissance : 235 ch/13 CV

0 à 100 km/h : 7 sec

Vitesse maxi : 240 km/h

Capacité du coffre : 500 l/break : 560 à 1526 l

Consommation moyenne : de 4,8 l à 7,6 l /100 km

CO2 : 127g/km

Malus : 0 €

Prix : à partir de 53.800 €

 

LES PLUS : qualité des finitions, confort, silence, tenue de route, puissance permanente du moteur à bas régime, roue de secours, prix compétitif à niveau d’équipements comparables

LES MOINS : place arrière du milieu guère utilisable, accès dans le coffre et ouverture automatique au pied parfois récalcitrante si on vise mal sous le pare choc, écran central complexe