Salmson S4 sport, un passé d’avant garde

Salmson S4 sport du producteur de champagne Alain Demets

Alain et Pierre Demets / Champagne Marie Demets

Les cyclecars comme la Salmson S4 sport de 1930 patiemment restaurée par ce vigneron étaient à la fois ultra légers et rapides en course. Grâce à leur moteur de conception très moderne pour l’époque.

« C’est très physique, mais j’adore ça ! » A son volant, cheveux au vent et dans le tintamarre sous le capot, Alain Demets adore les sensations fortes. Celles que lui procure la conduite très spartiate et virile de sa Salmson S4 sport de 1930 sur les petites routes sillonnant son vignoble de la Champagne auboise au tour de Gyé. Mais attention aux apparences trompeuses. Malgré leur consonance anglaise et leur conduite à droite, les autos de la marque Salmson ont été fabriquées à Boulogne Billancourt de 1919 à 1957.

Salmson S4 sport de l'arrière
Saute vent devant le volant et arrière profilé en pointe, l’aérodynamisme des années 20-30.

Emile Salmson, descendant d’un sculpteur suédois installé à Paris, avait créé un atelier de fabrication de pompes hydrauliques industrielles dans le 11ème arrondissement avant de se lancer dans la fabrication de moteurs d’avions et de biplans. Des usines de Boulogne-Billancourt qui emploieront en 14-18 jusqu’à 6000 ouvriers vont sortir 3200 avions de combat. Mais une fois la guerre terminée, l’entreprise va se diversifier dans les voitures de course, puis à partir de 1929 dans les modèles tourisme de luxe.

Salmson S4 sport -moteur
La fausse anglaise Salmson ne cachait pas ses origines avec l’inscription Billancourt sur la culasse.

Comme le firent à la même époque des grands noms de l’aéronautique à la manière d’Hispano-Suiza ou de  Voisin. Et très vite les cyclecars Salmson raflent les victoires en course grâce à leur avance technique. « Leurs moteurs 1100 cm3 puis 1300 cm3 sont les premiers, sur des voitures de série, à avoir été équipés de double arbres à cames en tête qui offrent davantage de performances par rapport aux moteurs culbutés traditionnels » témoigne Alain Demets sur sa Salmson S4 sport. D’autant que la légèreté des Salmson à la carrosserie montée sur une armature en bois leur procurait un rapport poids-puissance imbattable.

Salmson S4 sport vu de l'avant
La calandre des Salmson sport arborait l’emblème de la marque, la croix de St André.

Avec moins de 500 kg  sur la balance pour 30 ch et une vitesse max de 120 km/h, voire près de 190 km/h sur les versions de course à compresseur des Salmson S4 sport . Une folie à bord de laquelle il fallait avoir le cœur bien accroché pour ne pas partir dans le décor ! De 1921 à 1930, près de 8000 cyclecars sortiront des usines Salmson avec leur calandre frappée du X de la croix de Saint André, clin d’œil à André Lombard l’ingénieur et pilote de la firme.

Salmson S4 sport :l e bouchon de radiateur
Il fallait avoir une bonne vue pour lire température d’eau sur le thermomètre au bout du capot !

Mais après la seconde guerre mondiale, dans la reconstruction douloureuse de l’industrie automobile soumise au rationnement, les marques de luxe seront délaissées par les aides du gouvernement. Priorité est donnée  aux voitures populaires où chaque constructeur a droit à un créneau de modèle. Salmson tente en vain de s’en sortir avec des modèles d’avant guerre recarrossés, mais dépassés techniquement.

Salmson S4 sport , tableau de bord
Plancher en bois et tableau de bord bouchonné réduit à sa plus simple expression.

Quant aux performants coupés sport Salmson 2300 S lancés en 1953, ils seront le chant du cygne de la marque. Victimes de leur prix trop élevé et des faibles ventes à seulement 236 exemplaires. En 1957, acculé à la faillite, Salmson rejoindra au cimetière des grandes marques automobiles d’avant guerre les Delage, Delahaye, Hispano et autres Bugatti…après avoir vendu seulement 29 029 exemplaires au total de ses voitures durant son existence.  Mais le nom de Salmson n’a pas disparu pour autant : aujourd’hui encore, les pompes continuent d’être fabriquées dans une usine Salmson à Laval !

OENOTOURISME

                                                                    MON VIN PRÉFÉRÉ

« Naguère dans l’Aube l’agriculture rapportait plus que le vignoble. Maintenant, c’est l’inverse, raconte Alain Demets ! J’ai commencé en plantant 2,5 ha et par vendre au kilo. Puis en 1985, j’ai revendu mes terres agricoles pour racheter des vignes tout en reprenant celles de mon beau-père. Et j’ai élaboré mon propre champagne. » Aujourd’hui, son fils Pierre prend la relève sur les 12 ha de vignes des coteaux de Gyé-sur-Seine.

Cette cuvée 19e siècle de Prestige dosée à 8 gr, est issue d’un coteau calcaire exposé sud-ouest. Un bel assemblage à 50-50, où après 6 ans d’élevage, le Chardonnay apporte toute sa complexité et sa finesse fruitée et le Pinot noir sa puissance et sa rondeur sur une finale tout en légèreté qui marie minéralité et arômes subtilement pétillants. Un trésor de délicatesse. (18,50€) Tel: 03 25 38 23 30/ champagnemariedemets@wanadoo.fr

                                                                PROFITEZ EN POUR VISITER…

L’abbaye cistercienne XII éme siècle du Val-des Choues, un endroit extraordinaire qui surgit, au détour d’un long chemin dans la forêt de Chatillon, au coeur d’un vallon verdoyant au milieu d’une clairière. Le bâtiment, avec son immense cour carrée est aujourd’hui un centre de chasse à cour avec une meute de 150 chiens, et un musée de la vénerie.

*Chaource, sa célèbre fromagerie, son musée du fromage, son église St Jean-Baptiste véritable musée de la sculpture médiévale et sa mise au tombeau en pierre polychrome joyau de l’art troyen du XVI ème

Vieilles maisons à pans de bois à Troyes
Vieilles maisons à pans de bois à Troyes

*Le Troyes ancien avec les plus importantes ruelles à maisons de bois en France, l’église Ste Madeleine et son célèbre jubé en dentelle de pierre gothique flamboyant, ses magasins d’usine à prix cassés Marques avenue et Mc Arthur Glen, l’Hôtel de Mauroy magnifique édifice médiéval abritant le musée des outils et du compagnonnage, l’Hôtel Vauluisant et ses deux tourelles, l’ex évêché du XVI ème aujourd’hui musée d’art moderne avec l’extraordinaire donation de 2000 tableaux par l’industriel troyen Pierre Levy (Lacoste), riche en Derain, Courbet, Dufy, Cezanne, Vlaminck, Braque…

*Tonnerre pour son hôtel Dieu médiéval et son immense salle des malades à voûte en bois, le lavoir circulaire autour de la source vauclusienne de la fosse Dionne

Fosse Dionne à Tonnerre
La fosse Dionne et son lavoir à Tonnerre

*L’abbaye cistercienne de Clairvaux fondée en 1115 par St Bernard

*Le lac de la forêt d’orient avec sa réserve ornithologique et les nombreux oiseaux migrateurs qui y font halte

* Essoyes et sa célébrité locale : le peintre Renoir. Conquis par la beauté du village de son épouse, il y acheta une maison (devenue un musée) et y installa son atelier où la campagne alentour lui inspira nombre de tableaux

*Les chateaux de Tanlay, et d’Ancy le Franc ex demeure de Louvois

Le château de Tanlay (Photo Emmanuelle Vignes)
Le château de Tanlay (Photo Emmanuelle Vignes)

*Chatillon sur Seine pour ses ruelles en escalier montant jusqu’à la terrasse de l’église Ste Vorles du XI ème, et le musée archéologique avec son fameux vase grec en bronze de Vix , d’une dimension hors du commun (1,64 m de haut), retrouvé dans une nécropole princière non loin de là datant de 500   ans av. JC

* Et pour les enfants, Nigloland à Dolancourt, le deuxième plus grand parc d’attraction en France après Disneyland avec plus de 500 000 entrées par an à 2 h de Paris