La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac

Asseyez vous à la place de la reine d’Angleterre derrière le chauffeur ! Avec cette proposition alléchante, Jacques Denis, le plus british des vignerons du cognac  remporte un franc succès auprès de ses clients.

Marie et Jacques Denis, Cognac Jacques Denis

Les touristes de passage dans le petit village de Saint-Preuil près de Cognac ne s’y attendent pas du tout. Et surtout les Anglais ! Oui, c’est bien à bord de la voiture de « The Queen Elizabeth », une Daimler DS 420, que jacques Denis vous balade au milieu des vignobles vallonnés de la Grande Champagne. Unique en son genre, ce n’est pas un hasard si cette imposante  limousine de 2 m de large (à 3cm près) et 5,74 m de long, avec son extravagant arrière galbé surmonté d’une malle d’un autre âge, ressemble génétiquement à un croisement d’automobile et de carrosse.

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac
Des galbes extravagants pour une auto majestueuse digne d’un carrosse royal .

Car à sa sortie en 1968, elle avait été conçue pour la famille royale comme moyen de transport d’apparat par le constructeur britannique Daimler, racheté par Jaguar en 1960. Une forme de revanche pour Daimler fournisseur attitré de la couronne depuis 1902, qui avait été évincé par Rolls en 1950 à l’issue d’un appel d’offre. Cette fois, pour mettre toutes les chances de son côté, Jaguar va jouer à l’économie en proposant une luxueuse limousine plus courte,  et moitié moins chère qu’une Rolls-Royce Silver Shadow ! Avec un moteur certes un tiers moins gros que le 8 cylindres de l’emblématique Rolls Phantom VI.

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac
Un salon arrière de 4 à 7 places avec les strapontins dépliés.

On a beau être reine, on en est pas moins regardant sur sa cassette : l’argument économique a fait mouche ! La famille royale en commandera en tout sept au fil des ans, dont trois toujours en service dans les grandes occasions officielles. Pour parvenir à cette équation gagnante, Jaguar avait bâti sa Daimler en rallongeant de 53 cm le chassis de la déjà grande Jaguar MKX-420, et en réutilisant son 6 cylindres en ligne 4,2 l de 245 ch issu des fameux cabriolets XK.  « D’où son, son nom de Daimler DS 420 qui correspond à sa cylindrée », explique Jacques Denis à son volant tout en roulant tranquillement au milieu de ses 37 hectares de vignes classées Premier Cru dans le prestigieux terroir de la Grande Champagne.

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac
A son lancement en 1968 ce paquebot de 5,74 m de long pouvait voguer jusqu’à 200 km/h !

Une vraie croisière au milieu d’un océan verdoyant où ce paquebot grand confort de 2,1 tonnes oscille voluptueusement  sur son parcours, propulsé par le feulement discret du moteur. Et dans chaque aile arrière, deux réservoirs de 45 l l’alimentent à tour de rôle, quand, à la vue de la jauge qui dégringole, le conducteur actionne un commutateur au tableau de bord pour basculer sur le second !  « J’ai toujours adoré la classe des anglaises, confie jacques Denis qui a aussi dans son garage une Jaguar MK II . Et pour faire de l‘oenotourisme avec mes clients, j’ai déniché cette Daimler d’occasion, car pour transporter 8 personnes, c’est plus chic qu’un minibus ! »

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac
Un canapé cuir avec sur les accoudoirs, cendrier, allume cigare, mollette de réglage pour la clim.

Et effectivement, à bord de sa Daimler DS 420 de 1969 avec seulement 43 000 km au compteur,  on nage dans le luxe au milieu d’un décor garni de cuir Connoly et de boiseries raffinées en ronce de noyer. Et encore, n’y figurent pas les options proposées aux clients à l’époque : armoire bar avec service de verres en cristal (tarif : 64 500 frs), telex, interphone avec le chauffeur, télévision, épais tapis arrière en agneau…Dans ce vaste salon climatisé, l’immense banquette arrière ressemble davantage à un moelleux canapé trois places (le trône de la reine en déplacement) avec à l’extrémité des deux généreux accoudoirs en cuir et ronce de noyer.

La Daimler DS 420 de la Reine marche au cognace
Deux vitres coulissantes séparent le chauffeur des passagers du salon.

Si elle veut s’en griller une, ou refroidir l’atmosphère, la Reine a tout sous la main sur son accoudoir avec cendrier, allume cigare et mollette de réglage de sa clim personnelle . Et devant elle, deux énormes « strapontins » rabattus contre l’habitacle du chauffeur peuvent se déployer en se transformant en deuxième banquette pour accueillir deux à trois personnes de sa suite. Et en toute discrétion : car deux vitres coulissantes évitent que le chauffeur entende les conversations. De l’autre côté de « l’hygiaphone royal » changement de standing pour le personnel. Pas de clim !

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac
Un grand classique inégalé made in Jaguar : la planche bord en ronce de noyer.

Le chauffeur n’a droit qu’à une inconfortable banquette fixe au dossier vertical (seul le volant est réglable sur 7 cm).  Et détail mesquin : la banquette est en skaï ! Néanmoins, la place fait tout de même rêver : quel régal d’être au volant devant une œuvre d’art : cette splendide marqueterie en ronce de noyer constellé de cadrans chromés du tableau de bord  au style « so british » !Un art de vivre qui fera école dans les autres cours royales d’Europe. En Suède, au Danemark, au Luxembourg, les têtes couronnées rouleront aussi en Daimler DS 420.

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac
On ne lésinait pas sur les chromes pour la proue de ce superbe vaisseau amiral de sa majesté.

Elle sera la voiture de prestige de nombreuses ambassades. Des grands hôtels comme le fameux Peninsula et le Regent à Hong Kong en auront même des flottes entières pour leurs clients. Inévitablement, le plus célèbre espion de sa majesté, James Bond, l’utilisera en 1997 avec sa fidèle secrétaire Moneypenny dans Demain ne meurt jamais. Et sur les 4141 exemplaires fabriqués à la main de 1968 à 1992, beaucoup seront aussi livrées en version…corbillard de luxe ! Une façon de rester éternelle pour cette Daimler encore aujourd’hui très prisée pour cet usage…en plus des mariages !

La Daimler DS420 de la Reine marche au cognac
Un vrai bijou d’ébénisterie automobile au raffinement très british.
LA MÊME MARQUE AUJOURD’HUI

La Jaguar I-Pace met le félin sous tension

La jaguar I Pace joue l'anti TeslaLa reine d’Angleterre roulera –t- elle un jour dans une Jaguar électrique de prestige comme dans sa Daimler DS420 ? Peut être le jour où une version plus grande de la nouvelle Jaguar I-Pace sortira. Mais pour l’instant la première auto propulsée à l’électricité du royaume est une belle vitrine du savoir faire britannique. Et la première réplique européenne à l’américaine Tesla, grillant ainsi la politesse aux grandes marques allemandes. Avec 470 km d’autonomie et un 0 à 100 km/h en seulement 4,8 secondes, la I-Pace se veut à la fois sportive-routière et urbaine. Mais selon ses conditions d’utilisations, la réalité peut réserver d’autres surprises…lire la suite

OENOTOURISME

                                                                   MON VIN PRÉFÉRÉ

Les amateurs d’oenotourisme ne s’arrêtent pas chez Jacques Denis que pour sa voiture. Car il fait partie de cette minorité de producteurs qui ne fournissent pas tous leurs vins aux grandes maisons de négoce, et continuent de vendre en bouteilles de très vieux cognac aux extraordinaires arômes tout en rondeur. « Dans la classification en vigueur les XO sont des 15 ans d’âge. Les miens, des Premiers Crus, en ont 30.  Et je propose une « dégustation collection » avec des 50, 70 et 100 ans. Chez moi, on commence là où ça se termine chez les autres ! »

Vieille Réserve -50 ans d’âge- délicieusement parfumé avec ses arômes de cuir, de fruits cuits, de pruneaux, qui se développent avec persistance dans une allonge enivrante légèrement asséchée par le bois qui revient dans une belle harmonie entre les sensations du palais et du nez. Un plaisir rare à moitié prix des grands Hennessy en carafe ! (146 €)

www.cognacjacquesdenis.com

05 45 83 41 22 à Saint-Preuil