Un Fiat 124 spider belge dans la vallée du Rhône

Fiat 124 spider 1800 de Dirk Vermeersch

LePlan-Vermeersch GT-wines /Rhône France

Dirk Vermeersch, à Suze-la-Rousse

Quand un ex pilote de course belge se lance dans le vignoble, ça décoiffe ! Et son approche iconoclaste lui réussit plutôt bien avec 90 % de ventes  à l’étranger…

“J’ai l’impression d’avoir encore vingt ans quand je suis à au Volant de mon Fiat 124 spider !” confie Dirk Vermeersch, 64 ans, ex pilote de course Belge devenu viticulteur en Provence. Normal. A cet age là, dans les rues d’Anvers, sa ville natale, le passage de cette belle italienne à la ligne élégante et intemporelle, depuis sa sortie en 1966 jusqu’à sa fin de fabrication en 1985, ne laissait pas indifférent le jeune Dirk. Dix neuf ans d’existence pour une voiture, une éternité impensable aujourd’hui ! Ce cabriolet dessiné chez le magicien de la carrosserie Sergio Pininfarina, s’est vendu à 198 120 exemplaires , dont près de 170 000 aux Etats-Unis !

Un triomphe pour cette “bella machina” qui, dans sa version compétition dopée à 180 ch par le sorcier italien de la mécanique Abarth, remporta même en 1972 la deuxième place du championnat international des rallyes.“Il faut dire, rappelle Dirk Vermeersch, que le Fiat 124 Spider était bien né : son poids plume de 949 kg le rendait très agile ,et son moteur 1438 cm3 de 90 ch à culasse aluminium et double arbre à cames, avait été développé, s’il vous plait , par le créateur des V12 Ferrari, l’ingénieur Aurelio Lampredi. Souple à bas régime, il permettait à ce cabriolet racé d’atteindre 180 km/h, une performance pas si commune à l’époque. »

interieur Fiat 124 spider de 1966
L’intérieur des 124 spider était à la fois sport et classique chic avec ses placages en bois.

Au fil de son existence, le Fiat 124 spider a augmenté régulièrement de puissance en passant en 1970 à un 1608 cm 3 à deux carburateurs Weber double corps de 110 ch, puis un 1756 cm3 de 118 ch en 1972 avec version Abarth en 128 ch.Mais en 1974, le Fiat 124 spider connait un étrange et cruel destin : la demande est tellement forte aux Etats-unis que Fiat décide de stopper sa commercialisation en Europe et de ne le produire que pour le marché américain ! En 1979, il est rebaptisé Spider 2000, en référence à son nouveau moteur 1995 cm3 à injection qui développe 105 ch, un peu moins qu’avant en raison des normes anti pollution US. Puis en 1981, nouveau changement : la fabrication est transférée chez Pininfarina qui devient ainsi constructeur. Et la voiture prend le nom de spider Azzura pour les Etats-unis ou de Spider Europa pour le marché européen.

Il a réalisé son rêve en devenant pilote de course

Pendant tout ce temps là, Dirk Vermeerch est devenu , lui, une vedette en Belgique. Le petit mécanicien, chauffeur de taxi rêvait de sport automobile. Il commence à participer à des courses locales sur la Volkswagen Polo empruntée à son frère. Et en 1977, à la surprise générale, ce jeune blanc bec remporte les 24 Heures de Zolder sur une A112 Abarth. Le voila, à 25 ans, admis chez les tenors du Volant. Et la même année, aux côtés du fameux Jean-Claude Andruet, il figure parmi les 3 pilotes de la BMW 530 victorieuse des 24 Heures de Spa-Francorchamp qui sont à la Belgique ce que sont nos 24 Heures du Mans.

Sa carrière est lancée : il devient coureur automobile professionnel au gré des contrats d’embauches dans des teams. Et enchaine les podiums : 3 fois deuxième aux 24 heures de Francorchamp sur BMW 530, champion de Belgique des rallyes en 1983 sur Opel Manta, vice champion en 84, 86 sur Toyota Corolla GT,…“Mes plus grands souvenirs resteront le rallye des Mille lacs en Finlande, le Paris-Dakar, les 24 Heures de Daytona aux Etats-unis sur Mazda RX7, et bien sûr le circuit de Spa avec la fameuse montée à tombeau ouvert du Raidillon au milieu de la forêt.”Car en 1986 fin de partie : un terrible accident en rallye l’oblige à raccrocher son casque.

Fiat 124 spider de 1966
Avant sa transformation sportive, son spider arborait cette ligne élégante et discrète

 

 

 

 

 

 

 

Dirk Vermeersch se résout alors à racheter une station service à Anvers où il fait aussi un peu de mécanique et de ventes de voitures d’occasion. Mais son palmarès va lui permettre de décrocher une concession Lancia, à l’époque au sommet du sport auto avec les fameuses Delta HF, puis Maserati. Il s’agrandit, les affaires prospèrent et en 1999 nouveau virage : “Mercedes voulait racheter ma concession et m’a proposé une telle somme que je ne pouvais pas refuser !”

Et c’est là que va démarrer sa troisième vie, celle de vigneron. “Nous avions l’habitude de venir en vacances en Provence du côté de Suze la Rousse, un joli coin qui nous plaisait bien. J’y avais repéré une bâtisse en ruine sur une belle propriété à l’abandon. Banco !

A 50 ans, il a démarré sa troisième vie, celle de vigneron

Toute la famille part s’installer là-bas, il crée une entreprise de construction, rebâtit la maison transformée en chambres d’hôtes de luxe et lorgne juste à côté une parcelle de vignes d’un demi hectare planté en 1961 sur un lieu dit “LePlan” qu’il achète en 1999. Des voisins l’aident pour l’initier à la taille, à la vinification. Il communique le virus à la famille : sa fille Ann décide de suivre une formation viticole au lycée agricole de Châteauneuf-du-Pape où elle rencontre son mari Sebastien Barbara avec qui elle copilote depuis 2005 le domaine de 25 ha, et sa nouvelle cave ultra moderne construite en 2010 .

“Comme dans le sport automobile, on forme un team, où chacun se complète avec notre oenologue conseil Thomas Oui. Pour gagner une course ou faire un bon vin, chaque détail compte, estime Dirk Vermeersch. Et au final, piloter une voiture ou un vignoble, revient au même : dans les deux cas, il faut savoir mesurer avec précision les risques et prendre vite les bonnes décisions pour ne pas sortir de la route ou rater une cuvée.”

Dirk Vermeersch co-pilote le domaine avec sa fille Ann et son mari
Dirk Vermeersch copilote le domaine avec sa fille Ann et son mari.

 

Restait à savoir quel type de vin produire. “Il fallait qu’on se différencie pour ne pas être un énième Côte du Rhône générique. Et comme les Américains, on a pris l’option des vins de cépages. “Quand on vend 90% de notre production à l’export, “Rhône France” c’est plus simple à comprendre et à situer pour la clientèle étrangère qui se perd dans toutes vos appellations. Aux Etats-unis, la dénomination “vin français” ,synonyme de vin de prestige, est bien plus parlante que toutes les subdivisions qui existent chez vous.”

Des appellations qui ressemblent à des noms de voitures

Et pour se démarquer encore plus, Dirk Vermeersch a habillé ses bouteilles d’une façon pour le moins surprenante. En jouant sur l’image du vin de pilote, à fond, avec étiquettes au logo composé

"La voiture qui gagne toujours", étiquette humoristique du dessinateur belge Kamagurka
« La voiture qui gagne toujours », étiquette humoristique de Kamagurka.

de petits carrés noir et blanc, rappelant le drapeau à damiers des courses automobiles, et une appellation décapante : GT-wine ! Encore un clin d’oeil en trompe l’oeil : GT comme les voitures de sport GT (grand tourisme), sauf que le terme sous entend aussi GT comme grand terroir ! Et la confusion est à son comble quand les connaisseurs en automobile découvre une étiquette portant le même nom qu’un fameux coupé Alfa Romeo des années 80 : GT-V. Eh bien, non, vous n’y êtes pas ! GT-V signifie en fait Grand Terroir… Viognier, nom du cépage, tout comme GT-S pour syrah, GT-G pour Grenache, GT-C pour carignan, une déclinaison pour chacune des cuvées par cépage !Et pour GT-R du même nom que le terrifiant coupé Nissan V6 3,6 l de 570 ch, traduisez Grand terroir rosé ! Plutôt ravi de son effet, l’iconoclaste wine maker Dirk Vermeersch se justifie : “Au départ, ma notoriété de pilote m’a aidé à vendre mon vin en Belgique qui est mon plus gros debouché devant les Pays Bas, l’Allemagne, la Grande Bretagne, le Canada, et les USA. On peut dire que je touche aujourd’hui le bonus de ma carrière automobile ! “

Un de ses vins a été noté 95/100 par  Robert Parker

Et dès ses premiers vins en 2003, la chance lui a encore souri avec deux étoiles au guide Hachette, et son premier GT-1 Châteauneuf-du-Pape obtient un 95 sur 100 du grand dégustateur américain Robert Parker. “Mais avec mon marketing décoiffant, les vignerons du coin ne m’ont pas tous vu d’un bon oeuil !” reconnait il . Et je ne vous dis pas les réaction quand après dégustation à l’aveugle en 2013 au Japon, un jury international (composé entre autre d’un spécialiste français vexé après coup) a déclaré “Meilleur vin rouge français” mon GT-X 2011 qui est un assemblage de tous nos cépages, mais pas dans les proportions réglementaires permettant de s’appeler Côtes du Rhône.” Bref, une histoire belge qui ne fait pas rire tout le monde ! Mais qui marche.

Car sur le terrain, Dirk Vermeersch est intraitable : culture biologique, rendement faibles ne dépassant pas 25 hl/ha (au lieu des 45 hl autorisés) par une taille rigoureuse, plus élimination sélective des bourgeons et grappillons superflus pour produire des jus au fruit très concentré. “Nos vendanges sont manuelles, et nous pratiquons un élevage de 12 mois en barriques de chêne américain ou français selon les cépages, avec panachage entre barriques neuves pour les syrah et anciennes pour les Grenache dont l’équilibre aromatique résiste moins au neuf.”

Dirk vermeersch avec sa spider 124 en rallye
Il continue de taquiner le volant dans des rallyes de voitures historiques qu’il sponsorise.

 

 

 

Investi à fond dans sa nouvelle vie de vigneron, Dirk Vermeersch n’est pas pour autant complètement retiré des voitures. “Avec une marque comme GT-Wines, j’ai pu m’introduire dans le monde du sport automobile où mes vins sont servis dans les tentes VIP des team Audi, Mc Laren, Lamborghini. Je sponsorise aussi trois jeunes pilotes sous contrat.”

Mais le démon de la vitesse et ses décharges d’adrénaline n’ont pas complètement disparu chez lui. Car il aime bien encore taquiner le volant et l’accélérateur. “Juste pour me faire plaisir. C’est pourquoi j’ai acheté il y a deux ans ce Fiat 124 spider 1800 de 118 ch de 1976 qui est un des plus fun et moins cher des voitures historiques (dans les 8000 €) dont les prix ont tendance à flamber. Et je l’ai reconditionné en version compétition, en gonflant le moteur à 150 ch, avec capot sport polyester, hard top et arceau !”, vous lâche -t- il d’un sourire narquois. Même s’il se contente aujourd’hui de rallyes plus sages ressemblant davantage à des promenades gastronomiques en historiques qu’il sponsorise aussi. “Pas de problème, pour le business c’est super ! A raison de deux acheteurs potentiels par voiture, l’automobile me sert encore, et toujours, pour la promotion de mon vin. » On ne se refait pas !

www.leplanGT.wine

 

LA MÊME AUJOURD’HUI

                                                                     Le nouveau Fiat 124 spider

nouveau fiat 124 spider

Une italienne aux yeux bridés. Pour son premier spider 124 en 1966, Fiat avait eu recours a l’élégant coup de crayon de Pininfarina. Cinquante ans plus tard, pour le deuxième, son design est japonais. Car ce joli cabriolet italien est en fait un Mazda X5 rhabillé d’une « robe » très différente  à l’avant, et avec un moteur plus puissant...lire la suite

OENOTOURISME

                                                                                 Mon vin préféré

gtc-eti-copie*GT-C 2014  D’un rubis profond, ce 100% carignan, concentré et riche en nuances de fruits rouges est rond et équilibré avec des notes épicées et boisées.  Sa complexité aromatique se prolonge dans une allonge en bouche soyeuse qui tapisse délicieusement le palais.(13,50 €)

*GT-X 2014  Toute la  puissance aromatique réunie de l’ensemble des cépages du domaine,  mais pas dans les règles et les proportions lui autorisant l’appellation Côtes du Rhône :  carignan, grenache, syrah, mourvèdre, alicante, et viognier. Ce vin bien charpenté, a une complexité aromatique au nez qui se retrouve dans une bouche longue et charnue. Une bouteille qui entretient son mystère avec une étiquette noire lisible que par ses lettres en relief. (24,25 €)

 

                                                                  Profitez en pour visiter…

 *Le château de Suze la Rousse en haut de son promontoire rocheux au dessus des toits du village. Cette forteresse avec ses grosses tours du Moyen age a été réaménagée à la Renaissance avec une jolie cour d’honneur intérieure. La bâtisse abrite aujourd’hui l’Université du vin.

Le château de Suze-la-Rousse
Le château de Suze-la-Rousse

 

*Rochegude : son château fort, surplombant les vignes face au mont Ventoux, et transformé à la Renaissance, puis restauré au XIX ème par Viollet le duc, est devenu un superbe Relais & Chateaux. Cet hôtel vaut d’autant plus le détour qu’il est dirigé par un passionné de voitures anciennes ! A voir aussi la petite église fortifiée NTD des Aubagnans, reste d’un prieuré du XIIème. Sa chapelle St Denis, est un des plus anciens témoignage de l’art roman de la région.

*L’abbaye médiévale de Bouchet

* Grignan : son château renaissance où se rendait fréquemment chez sa fille madame de Sévigné dont on visite la chambre. La terrasse, avec vue panoramique sur le Ventoux, les dentelles de Montmirail, et les Alpilles, recouvre curieusement l’église St Sauveur accolée en contrebas du château. Une dalle de marbre au pied du maître autel et de son retable y indique l’emplacement de la tombe de Mme de Sévigné décédée à Grignan le 18 avril 1696

Le château de Grignan et sa curieuse terrasse sur l'église St...
Le château de Grignan et sa curieuse terrasse sur l’église St Sauveur.

*Avignon, entourée de ses remparts, et surplombée par le Rocher des Doms et sa cathédrale du XII ème à côté du gigantesque Palais des Papes fortifié du XIV ème, témoin de l’exil provençal de la cour pontificale romaine durant un siècle, le petit palais épiscopal du XV ème, la place de l’Horloge et son beffroi , seul vestige de l’époque gothique, l’extraordinaire musée Calvet et ses toiles de Corot , Manet, Toulouse-Lautrec, Mignard, Daumier, David, Géricault,… dans un hôtel particulier du XVIII ème,

Le Palais des papes à Avignon (C.Rodde)
Le Palais des papes à Avignon (C.Rodde)

 

 

la très pittoresque rue des Teinturiers pave de galets le long de la Sorgue avec ses grandes roues à aubes qui faisaient fonctionner les usines textiles jusqu’ à la fin du XIX ème, le couvent des Célestins et son cloître, les belles façades à l’entrée de la rue du Roi René, le pont Bénézet et sa chapelle, édifié en 8 ans, qui menait à Villeneuve-lès-Avignon, l’ancienne ville des cardinaux, au pied de la tour Philippe le Bel et des tours rondes du fort St André d’où la vue sur Avignon au soleil couchant est fabuleuse.

Le théâtre romain d'Orange
Le théâtre romain d’Orange.

*Orange avec son célèbre theâtre romain, le mieux conservé de tout le monde antique, et son arc de triomphe sur l’ancienne voie Agrippa qui reliait Arles à Lyon.

*Vaison-la-Romaine, plus connue pour son amphitheâtre et ses ruines que les ruelles de sa vieille ville en hauteur, couronnée par un château abandonné, et accessible par un spectaculaire pont romain en pierre à une seule arche au dessus de l’Ouvèze.

La vieille ville de Vaison-la-Romaine et son pont romain
La vieille ville de Vaison-la-Romaine et son pont romain.

*Crestet, au sud de Vaison-la-Romaine, est un des plus typiques villages du Vaucluse avec ses maisons Renaissance escaladant une colline dominée par un château du XII ème avec vue imprenable sur le Ventoux.

Les ruelles du village de Crestet
Les ruelles du village de Crestet

*Séguret, pittoresque village provencal avec son dédale de ruelles accrochées à une colline escarpée d’où l’on peut contempler les dentelles de Montmirail et la plaine du comtat Venaissin.

 

*Le musée de la soie au village médiéval de Taulignan, ancien haut lieu de l’industrie de la soierie au XIX ème

 

*Ferme aux crocodiles à Pierrelatte, unique en Europe avec ses 400 animaux et ses 10 espèces de croco dans une serre paysagée de 9500 m2 et 4000 m2 en plein air

*Distillerie d’huiles essentielles Bleu de Provence à Nyons et sa savonnerie

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                   POUR FAIRE UNE HALTE UN CHOIX S’IMPOSE

Rochegude Noir - copie

                                MEMBRE DES RELAIS & CHATEAUX

 

Une nuit de rêve à partir de 119 € (*) dans un vieux château chargé d’Histoire…

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Au coeur de la Drôme provençale, le château de Rochegude, forteresse du XII e siècle, surplombe en majesté le vignoble des Côtes-du-Rhône, et regarde le mont Ventoux. Les caves du château, qui comptent parmi les meilleures de la région, constituent le point de départ de dégustations dans les vignobles alentour. A votre retour au château, vous pourrez vous offrir un petit en-cas mitonné par notre Chef Thierry Frébout, amoureux des produits du terroir et des saveurs provencales : truffes chauffées et croquantes, émincées en lamelles assaisonnées et légèrement étuvées au beurre, accompagnées de leurs oeufs et tranches de pain grillé…Il partage sa passion pour la truffe du Tricastin avec les clients du château lors d’une escapade au fameux marché aux truffes de Richerenches le samedi matin. Sur nos 25 chambres, certaines disposent d’une terrasse avec vue exceptionnelle sur les vignobles, le mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail.

(*) selon la saison

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