Peugeot fait son « breakxit » avec la 508 SW

508 SW

La version « station wagon » de la nouvelle 508 veut rompre les codes avec un design plus agressif de coupé sport. Pour séduire une clientèle qui ne cherche plus à déménager une armoire normande avec.

Ne m’appelez plus jamais break ! Après avoir chanté « Ne m’appelez plus jamais France », Michel Sardou aurait pu composer ce nouveau tube pour parodier la nouvelle mode qui sévit. Toutes les marques automobiles enterrent ce terme devenu pour elles trop populaire et trivial.  Et le remplacent par des appellations plus chics pour s’attirer une nouvelle clientèle huppée, plus avide de design élégant que de volume pour entasser enfants et bagages. D’où un étonnant florilège :  Shooting brake chez Mercedes, Estate chez Renault, Sport brake chez Jaguar, Sportsvan chez Volkswagen, Sport Turismo chez Porsche, Country tourer chez Opel,…bref, personne n’y échappe.

Peugeot fait son "breakxit" avec la 508 SW
Une ligne surbaissée vers un arrière musclé comme sur un coupé.

Y compris Peugeot avec sa nouvelle 508 dans sa version SW. Traduisez : Station wagon ! Histoire d’être en adéquation avec sa belle silhouette surbaissée vers un arrière campé sur de splendides hanches galbées. Mais avec un résultat esthétique paradoxal : une 308 SW plus petite que la 508 SW offre une coffre plus volumineux : 610 l contre 530 l ! Allez comprendre… « C’est un parti délibéré où on a cassé les codes en faisant la synthèse entre le style, le plaisir de conduite, la praticité et la performance pour une clientèle plus hédoniste, et à 50% sans enfant comme le montre les commandes », explique Bernard Hesse, le chef du projet 508.

Peugeot fait son "breakxit" avec la 508 SW
Le coffre va de 530 l à 1780 l mais avec une ouverture plus basse de 5 cm que sur la précédente.

La 508 SW n’est donc pas un chargeur (30 l de moins que la précédente), mais une voiture plaisir. Car en 10 ans les familles nombreuses sont passées aux monospaces, et maintenant au SUV , au détriment des breaks de la taille du 508 dont les ventes sont passées de 265 000 à 92 000 par an. Fini donc le break avec un B comme bétaillère ! Place à une auto radicalement différente pour trouver de nouveaux clients. Et là-dessus, le résultat est plutôt réussi. Car malgré sa ligne de « coupé » surbaissé (-6 cm en hauteur et -2 cm en longueur que l’ancien 508 SW), cette nouvelle version visant  le premium allemand fait mieux que ses concurrents Mercedes Classe C, Audi A4, BMW Série 3,  ou Volvo V60, en offrant un volume de coffre plus grand avec extension à 1780 l sièges arrières repliés.

Peugeot fait son "breakxit" avec la 508 SW
Un tableau de bord typé sport avec le combiné i-cockpit au dessus du petit volant.

Et par rapport à la nouvelle 508 en berline-coupé où l’accès aux places arrières peut être délicat pour la tête des passagers de grande taille, la hauteur de la garde au toit a été relevée de 4 cm. Pour tenter de déloger ses grands rivaux Outre-Rhin, Peugeot s’est démarqué par l’élégance de son design extérieur athlétique avec la touche sport que donne les portières sans encadrement des vitres, et par son style intérieur cossu. Avec son poste de pilotage dans lequel on s’enfonce comme dans une voiture de sport , le coude appuyé assez haut sur une grosse console centrale, et le regard accroché par le i-cockpit aux informations de conduite placée à la base du parebrise.

Peugeot fait son "breakxit" avec la 508 SW
L’affichage du combiné est modulable avec report du GPS en 3D au centre.

Avec des affichages digitaux modulables, dont le « night vision » restituant la nuit la vision à 200 m de la caméra infra rouge dans la calandre pour détecter des piétons, et le report entre les deux compteurs du GPS en 3D visible aussi sur la tablette centrale de la planche de bord munie de raccourcis. Les fameuses commandes- touches piano qui évitent le cheminement sur l’écran en 2 ou 3 étapes durant lesquelles on quitte dangereusement la route des yeux. Et le petit volant sous le i-cockpit procure des impressions de conduite de course inhabituelle sur un break, avec une direction se durcissant  par actionnement de la touche sport qui va de pair avec des passages de rapports plus rapides sur l’excellente boite automatique à 8 vitesses.

Peugeot fait son "breakxit" avec la 508 SW
L’écran tactile central est doublé de raccourcis avec les commandes touches piano.

Le tout donne une agilité très jouissive à cette auto qui n’a plus rien à voir avec un gros break vu son excellente tenue de route en virant à plat dans les enchainements de virage serrés. Avec toutes les aides à la conduite existant aujourd’hui, anti franchissement de ligne, maintien automatique dans le flot de circulation avec régulateur adaptatif anti collision,  freinage d’urgence…Tout en bénéficiant d’un vrai confort grâce à la suspension pilotée dont l’option à 1000 euros vaut la peine. Et cette 508 SW profite aussi de sa légèreté par rapport à ses rivales où une Volvo V60 pèse près de 200 kg de plus.

Peugeot fait son "breakxit" avec la 508 SW
La garde au toit est plus haute à l’arrière de 4 cm que sur la berline.

D’où des consommations très raisonnables qui évitent les malus douloureux.Reste le choix, délicat par les temps qui courent, de la motorisation turbo : essence, ou diesel qui, on l’oublie, consomme moins et dégage moins de ce CO2 responsable du réchauffement climatique, mais rejette des micro particules, tout comme les moteurs essence qui ne sont pas neutres non plus !  En diesel, le moteur le plus agréable en souplesse et en niveau sonore est le 2 litres 160 ch, qui devient beaucoup plus assourdissant dans la version poussée à 180 ch.

Peugeot fait son "breakxit" avec la 508 SW
La nouvelle SW compte faire mieux que l’ancienne qui représentait 60 % des ventes de 508.

Quant au 130 ch , il se montre plus à la peine en nervosité, et sonore quand il faut monter dans les tours vu sa petite cylindrée de 1,5 l pour atteindre le 100 km/h en 10,1 sec au lieu de 8,5 sec en 160 ch. Et à pleine charge les reprises, pour doubler par exemple, se font plus molles, la rançon de sa sobriété à la pompe et de son prix inférieur de 4700 €. En essence, la petite cylindrée à 1,6 l  rend le moteur poussé à 225 ch plus envahissant à l’oreille alors que le 180 ch est en fait beaucoup plus homogène en performance et niveau sonore. Et la vraie nouveauté n’arrivera que fin 2019 avec la très attendue version hybride rechargeable et ses 50 km d’autonomie en électrique.

Cylindrée/Puissance : essence 1,6l turbo 180 ch/10 CV

diesel 2l turbo 160 ch/8CV

Couple maxi : Essence : 250 Nm/1650 trs

Diesel : 400 Nm/2000 trs (300 Nm/1750 trs sur le 130 ch)

0 à 100 km/h : Essence 8 sec.  Diesel 8,5 sec

Vitesse max : Essence 225 km/h  Diesel 225 km/h

Consommation moyenne réelle : Essence 5,5l à 8,5 l/100 km

Diesel 4,5l à 7l/100 km

Co2 : Essence 123 g/km  Diesel 118 g/km

Malus : Essence  73 €.  Diesel  0 €

Prix : Essence de 35 900 € à 41 300 €

Diesel de 40 100 € à 42 500 €

LES PLUS : design, confort et tenue de route de la suspension pilotée, finition cossue, équipements, caméra infrarouge pour la vision nocturne, roue de secours

LES MOINS : sonorité de certains diesels, prises usb difficilement accessibles sous la console centrale, place arrière centrale inconfortable