Alpine A 110, un retour en trombe

Alpine A 110, un retour en trombe

La France retrouve sa bombinette sportive qui tailla même des croupières aux Porsche dans les années 60. Lègère, vive et agile, cette nouvelle berlinette était très attendue. Elle démarre très fort !

Jolie, aguichante, elle n’arrête pas de vous faire des clins d’oeil ! Et quelque soit la façon dont vous la regardez. Mêmes flancs creusés, même regard bleuté, même faciès en pointe, même disposition des 4 phares à l’extrémité du capot avec sa nervure centrale, même ligne profilée qui descend vers cette lunette arrière galbée si caractéristique,…tout est fait, par ces clins d’oeil au passé, pour rappeler la fameuse berlinette A 110. Celle des années glorieuses de la marque Alpine arrêtée en 1995 après le déclin des modèles suivants A 310 et surtout A 610.

Comme son avant, la poupe avec sa lucarne arrière si caractéristique ressemble à l'ancienne.
La poupe avec sa lucarne arrière si caractéristique cultive un air de ressemblance avec son ainée.

 

Vingt trois ans d’absence. Mais quel retour en fanfare pour cette nouvelle Alpine A 110 : les 1955 exemplaires de la première série (autre clin d’oeil à l’année de la création d’Alpine) ont été commandés en 5 jours ! “On est parti d’une feuille blanche en 2012, raconte Bernard Ollivier qui a piloté le projet. Et pour la dessiner, nos designers ont imaginé comment aurait évolué aujourd’hui l’Alpine A 110 si elle avait continué d’exister.” A la manière d’une Porsche 911 qui en 50 ans d’existence a tout changé sans que rien ne change.

Alpine A 110, un retour en trombe
33 cm de plus en longueur et 28 cm en largeur pour la nouvelle.(Photo Sean Klingelhoefer)

Et comme la célèbre allemande à qui elle a mené la vie dure en rallye, la belle française a un peu augmenté ses mensurations tout en gardant ses mêmes élégantes proportions : 4,18 m de long et 1,80 m de large au lieu de 3,85 m x 1,52 m. Mais sans prendre trop d’embonpoint. Car le deuxième exploit de cette nouvelle berlinette Alpine A 110 réside dans sa légèreté : 1080 kg seulement grâce à son chassis et sa carrosserie en aluminium. Soit près de 300 kg de moins que sa rivale directe, la Porsche 718 Cayman 4 cylindres 2 litres turbo. Résultat : comme au bon vieux temps des rallyes des années 60-70, la petite Alpine tape plus vite le 0 à100 km/h en 4,5 secondes avec les 252 chevaux de son 1800 cm3 turbo que les 300 ch de la Porsche !

Alpine A 110, un retour en trombe
Les 4 phares et le capot à trois nervures sont un clin d’oeil très clair à l’ancienne.

 

Sa légèreté lui permet aussi de ne dégager que 138 g de co2 contre 168 pour la Porsche, et de bénéficier ainsi d’un malus de 860 € contre 5810 € pour la Cayman. Au final, à équipements équivalents à rajouter en options, la Porsche coûte 20 000 euros de plus. Rapide et joueuse la nouvelle Alpine A 110 se montre beaucoup plus sûre que son ainée par son moteur arrière central (et non plus en porte à faux arrière), et une suspension à double triangulation avec butées hydrauliques à l’avant et à l’arrière qui maintient bien les pneus à plat sur le sol, tout en donnant un confort satisfaisant par un débattement plus élevé pour ce type de voiture très basse.

Alpine A 110, un retour en trombe
Avec ses lignes galbées travaillées en soufflerie elle a une excellente aérodynamique (cx de 0,32).

Légère, agile, très réactive, cette Alpine au chassis bien équilibré vire instantanément à plat sans roulis avec sa direction très précise, et très directe, qui remonte bien dans le volant les informations sur l’état de la route. Si elle reste collée au bitume, elle le doit aussi à son fond plat avec diffuseur d’air à l’arrière qui l’aspire au sol. Et lui permet d’enrouler aisément les virages à des allures défiant l’entendement. Le tout dans une ambiance “musicale” où le son rauque du moteur rythmé par quelques pétarades en rétrogradage, avec la boite Getrag-double embrayage à 7 rapports aux palettes, est un régal supplémentaire dans cette auto-plaisir.

Alpine A 110, un retour en trombe
Un cockpit sportif avec console centrale « aérienne » façon Ferrari, tablette, sièges baquets en cuir.

 

Une voiture pour tout le monde, aussi bien en pilotage qu’en conduite de tous les jours, qui se montre moins radicale qu’une Alfa Romeo 4C. Même en promenade tranquille en 7 ème, d’un coup d’accélérateur, la reprise arrive très vite avec le couple maxi de 320NM qui se réveille dès 2000 tours. Les clins d’oeil omniprésents à l’extérieur de ce remake de berlinette se retrouvent aussi à l’intérieur du cockpit à la fois chic et sportif dans ses finitions : revêtements matelassés sur les portières et les sièges baquets aérés au maintien latéral parfait, tableau de bord avec les 2 gros compteurs et les trois petits en triangle entre les deux, rappel de la couleur de carrosserie sur les portières avec petit drapeau tricolore.

Alpine A 110, un retour en trombe
Un profil taillé pour la course avec une version de 270 chevaux prête pour un futur championnat.

Sans oublier une coquetterie qui n’est pas sans rappeler un élément apparu dans les Ferrari, rien que ça : une console centrale “aérienne” arqué carbone-cuir avec les trois boutons DNR (drive, neutre, marche arrière) et le plus proéminent en rouge, le “start engine” qui déclenche un rugissement de fauve prêt à avaler l’asphalte ! Et visiblement l’Alpine ne manque pas d’appétit à en juger par son menu pour 2018 avec le lancement d’un championnat avec 25 A 110 cup gonflées à 270 ch, une A 110 de base à 50 000 €, et une offensive commerciale tous azimuths : 20 points de vente en France, 57 en Europe, et ouverture de concessions au troisième trimestre au Japon et en Australie. Deux pays où la fameuse berlinette jouit d’un important fan club très impatient de faire revivre la légende !

A110_Details (20)(1)

Cylindrée : 4 cyl 1800 cm3 turbo central arrière

Puissance : 252 ch

0 à 100 km/h : 4,5 sec

1000 m départ arrêté : 23,2 sec

Vitesse maxi : 250 km/h

Couple maxi : 320 Nm entre 2000 et 6500 tr/mn

Capacité des coffres : 100 l à l’avant, 96 l à l’arrière (Cayman : 150/275)

Capacité du reservoir : 45 l

Consommation réelle : entre 7l et 10,3 l/100 km

CO2 : 138 g/km

Malus : 860 €

Prix : 58 500 €

LES PLUS : ligne superbe, plaisir de conduite, tenue de route, puissance, vivacité, agilité, bon étagement de la boite à double embrayage sans à-coups, belle musicalité du moteur très supportable sur longs trajets , confort des sièges baquets et de la suspension, finitions,

LES MOINS : pas de vide poche sur la planche de bord ni dans les portières où un filet élastique néo-rétro ferait l’affaire, plastique dur grainé devant le parebrise trop éblouissant au soleil, visibilité arrière limitée en manoeuvre et améliorable avec une image caméra sur l’écran tactile